Oréane - Paysagiste

Les champignons du bois

Publié le 11/10/2015 dans Blog, Divers

La famille des champignons s’avère très complexe. On distingue cependant deux grands groupes : les champignons « inférieurs » – les plus nombreux ! – qui comprennent, entre autres, les levures et les moisissures. Les « supérieurs » intègrent pour leur part les champignons que nous cueillons et consommons. Cependant, si nous connaissons les champignons des bois, connaissons-nous également…les champignons du bois ?

La nourriture des champignons

Végétaux dépourvus de chlorophylle, les champignons se nourrissent de trois façons différentes. Ils sont alors dits « saprophytes », parasites » ou symbiotiques.

Les champignons saprophytes se nourrissent de matières végétales ou animales mortes et en décomposition : déchets végétaux, cadavres d’animaux, humus etc. Ils contribuent alors à la destruction  des feuilles, aiguilles de pin, branches et brindilles, qui, en se décomposant, viennent compléter l’humus. Les champignons saprophytes disposent en effet d’enzymes suffisamment puissants pour digérer de nombreux composés.

Les champignons symbiotiques vivent pour leur part en harmonie avec un végétal. Un exemple célèbre : les mycorhizes, c’est à dire l’association des filaments mycéliens des champignons et des radicelles (extrémités des racines) des arbres. Le champignon fournit une nourriture minérale à l’arbre et ce dernier apporte des substances carbonées au champignon !

Les champignons parasites sont ainsi nommés car ils se développent sur les organismes vivants sans y être invités ! Parmi leurs victimes, nous trouvons :

  • Les arbres. On parle alors de champignons destructeurs de bois (voir ci-après).
  • Les agriculteurs ! En effet, des espèces microscopiques de champignons parasites s’attaquent aux cultures céréalières en leur apportant des maladies catastrophiques : l’Ergot du seigle, le Charbon du maïs etc.
  • Les animaux, les insectes et…les hommes : ces champignons microscopiques passent la plupart du temps inaperçus. Le Cordyceps militaire, par exemple, qui s’attaque aux chenilles et chrysalides de papillons, ou encore la Muscardine, qui sévissait dans les élevages de vers à soie… Les animaux et les hommes sont pour leur part contaminés sous forme de mycose (dont l’une des plus connues est la teigne, champignon dermatophyte très contagieux !).

Les champignons destructeurs de bois

De nombreux champignons (notamment les Polypores) vivent sur les troncs vivants, affaiblis ou morts, les branches ou encore les souches. Ces indésirables causent de graves dégâts et font l’objet d’études importantes en pathologie forestière. Les espèces microscopiques telles que les oïdium, chancres, rouilles, entraînent la pourriture du bois. On parle alors de champignons lignivores. Ces derniers attaquent les éléments morts de l’arbre, sans atteindre l’aubier (la partie vivante). Parmi eux, l’armillaire couleur de miel et le Polypore amadouvier. En outre, les arbres affaiblis par des blessures dans l’écorce provoquées par les rongeurs, le gel, les insectes foreurs ou encore les plaies dues à la coupe lors des actions de débardage en forêt, représentent des proies idéales pour les champignons parasites tels que la Mérule pleureuse et le Coniophore bosselé.

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Armillaire couleur de miel

 

Conséquences des destructions

Suivant le mode de destruction, s’ensuivent des pourritures diverses :

  • Pourriture cubique : provoquée par le Polypore soufré, la Fistuline hépatique et la Mérule pleureuse, cette pourriture teinte le bois d’une couleur brunâtre ou roussâtre et le rend très friable.
  • Pourriture fibreuse : ici, ce n’est pas la cellulose qui est dégradée, mais la lignine. Le bois devient mou et la pourriture s’accompagne généralement d’une décoloration caractéristique des attaques par Schizophylle commun ou Polypore versicolore. Les résineux, non épargnés, peuvent être attaqués par la Stérée sanguinolente !
  • Pourriture alvéolaire et tubulaire : lignine et cellulose sont attaquées. Le bois se creuse et les côtés se couvrent de mycélium.
  • Pourriture lamellaire : le bois se débite en minces lamelles, dégâts engendrés par le Lenzite.

Au-delà de l’aspect destructeur, nous devons quand même souligner le rôle bénéfique de ces champignons, dont l’activité s’avère indispensable à l’équilibre de nos forêts. En éliminant les branches mortes, les vieux arbres ou les souches, ces champignons exercent le métier de nettoyeurs et élagueurs, petit point commun… avec Oréane !

Source : Les champignons de France, Editions Solar

 

 

 

 

 

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