Oréane - Paysagiste

Papillon tueur de palmier : comment lutter ?

Publié le 30/07/2015 dans Blog, Insectes ravageurs, Insectes tueurs, Soin des palmiers

L’été est une période idéale… pour la ponte du papillon tueur de palmiers. Entré clandestinement – et accidentellement-  sur notre territoire français, le Paysandisia Archon, papillon néotropical, ne cesse de décimer les monocotylédones de la famille des Arécacées. En clair, les palmiers. Palmes atrophiées ou perforées, trous dans les troncs et dessèchement sont les signes précurseurs d’une mort inévitable. Ou presque…

Où trouve t-on le Paysandisia Archon ?

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Paysandisia Archon

Introduit accidentellement via les importations de palmiers en provenance d’Argentine et d?’Amérique du Sud, le Paysandisia Archon a été détecté en France vers le milieu des années 90. L’extension rapide de l’infestation a été due ensuite aux déplacements incontrôlés des palmiers entre départements ou pays et, localement, grâce aux capacités du papillon à voler sur plusieurs kilomètres. Identifié depuis dans le Var, l’Héraut puis la région Midi-Pyrénées et inscrit dès 2002 à la liste des organismes nuisibles, l’insecte attaque toutes les espèces de palmiers ornementaux ! Brahea, Butia, Chamaerops, Jubaea, Sabal, Syagrus, Trachycarpus, Trithrinax, avec une apparente préférence pour le Washingtonia, Livistonia, Phoenix ou encore Chamaerops humilis (le palmier nain). Actuellement présent dans tous les départements côtiers de Provence-Alpes-Côte d’Azur et du Languedoc-Roussillon, le Paysandisia poursuit aujourd’hui sa course vers le Sud-Ouest. 

Comment le reconnaître ?

C’est relativement simple : le Paysandisia Archon présente une corpulence plutôt massive et peut mesurer jusque 11 cm. Il dévoile, en vol, de belles ailes postérieures orangées, sous une robe grisâtre.

Les méfaits des chenilles de Paysandisia Archon

Les papillons tueurs pondent sur le « chevelu » des palmiers durant l’été. Les larves, une fois écloses, vont « tranquillement » se développer dans le coeur de ces derniers, entraînant pourriture et déformation. Une fois infestés, certains arbres peuvent mourir au bout de deux à quatre ans.

Comment lutter contre le papillon tueur ?

Pour l’heure, les remèdes autorisés et qui n’entraînent pas de dégâts irréversibles sur l’environnement sont très limités. Oréane traite pour sa part via deux méthodes, douces pour l’environnement :

1. Le dépôt de nématodes (vers microscopiques) sur le haut du stipe et la couronne du palmier. Ces vers s’introduisent dans le ravageur par ses voies naturelles. Si les conditions sont optimales, l’insecte infesté arrête de se nourrir très rapidement et meurt en 48 à 72 heures par septicémie. Les premiers tests montrent une assez bonne efficacité, même si la mortalité n’est pas de 100 %. Elle stabilise néanmoins la situation sanitaire de l’arbre. Dans les Pyrénées-Orientales réside néanmoins un inconvénient au niveau des conditions climatiques nécessaires au processus des nématodes : on ne peut pas les intégrer en cas de tramontane ou si la température dépasse 25°, seuil au dessus duquel les vers succombent. Cela implique un traitement généralement mensuel, malheureusement dissuasif pour la plupart des particuliers.

NB : ce traitement présente pourtant un double avantage, le nématode tuant à la fois les stades larvaires du papillon palmivore et du charançon du palmier (ci-dessous).

images

Charançon Rouge du Palmier (CRP)

 

 

 

 

 

 

 

2. La Glu Biopalm

Oréane applique ce traitement sur les parties attaqués par le ravageur (haut du stipe), pour créer une barrière physique qui empêchera la ponte des femelles extérieures, l’émergence des adultes et le développement des oeufs ou larves dans le cas où le palmier bénéficie d’un soin tardif.

Cette méthode a été expérimentée sur la ville de Montpellier en collaboration avec l’INRA et a donné des résultats concluants ! (Voir le site de l’INRA)

Autres méthodes

D’autres moyens existent, malheureusement inefficaces ou, dans le cas des insecticides, catastrophiques pour l’environnement dans le sens où ils contaminent et tuent les éléments extérieurs à la cible visée, le cas le plus connu demeurant les abeilles, essentielles pour la pollinisation.

L’ensachage, qui consiste à poser des filets sur les palmiers infestés afin de limiter la dispersion des papillons et éviter les nouvelles pontes. Outre l’aspect inesthétique, le palmier reste infesté et sa mort, inéluctable. Cette méthode peut néanmoins s’appliquer pour des jeunes plans que l’on souhaite préserver d’une éventuelle infestation.

La confusion sexuelle : moyen peu prometteur car le mâle est très territorial. En outre, la femelle n’émettrait qu’une phéromone de reconnaissance à courte distance.

INSECTICIDES : ATTENTION DANGER !

Pointés du doigt face aux dégâts irréversibles causés aux abeilles, les insecticides néonicotinoïdes de type Gaucho ou Confidor sont sous le joug d’une interdiction à la vente en France, en tout cas légalement. Ils entraînent en effet la mort des abeilles en paralysant leur système nerveux central.

 

Au pire, et en cas de contamination trop importante, il est vivement conseillé de sacrifier le palmier et de le brûler. N’hésitez pas à nous demander conseil.

 

 

 

 

 

 

 

 

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