Oréane - Paysagiste

Plantes toxiques : prudence !

Publié le 21/08/2015 dans Blog, Conseil de jardinage, Divers

Sous leur charme apparent, les plantes sauvages ou cultivées cachent parfois des dangers insoupçonnés. Si les empoisonnements par contact ou ingestion restent malgré tout réduits, il est néanmoins important de connaître les espèces incriminées pour plus de sécurité.

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 Origines des accidents

Environ 5% des appels téléphoniques reçus par les centres anti-poisons mettent en cause un végétal, 80% d’entre eux concernant un enfant de moins de 7 ans. Les bambins de moins de 4 ans, qui portent souvent tout à la bouche, doivent bien sûr faire l’objet d’une attention particulière. Les jeunes enfants sont en effet les principales victimes des intoxications par les végétaux. Les substances vénéneuses peuvent avoir un effet rapide sur leurs fonctions vitales et leur faible poids explique les réactions plus sévères que chez l’adulte. Chez ce dernier, les intoxications sont généralement provoquées par confusion avec une plante utilisée en cuisine ou en médecine. La méconnaissance des effets secondaires des plantes médicinales utilisée de façon inadéquate représente également une cause non négligeable.

Plantes agressives pour la peau 

A suspecter en cas de lésions de la peau ou des yeux, après le jardinage ou des jeux au jardin.

Plantes irritantes : asperge, anémone, bégonia, cardamine, clématite, croton, dieffenbachia, euphorbe, jacinthe, jonquille, misère, renoncule (ex : bouton d’or), ricin.

Plantes phototoxiques : la réaction toxique arrive un peu plus tard, avec l’exposition au soleil.

Apiacées (angélique, berce, carotte, feuilles de céleri, agrumes, dictame, figuier, panais, rue fétide…)

Plantes allergisantes : les allergies peuvent s’aggraver si contact régulier avec la plante incriminée.

Ambroisie, arnica, arum, camomille, chélidoine, chicorée, chrysanthème, ciboulette, conifères, dahlia, endive, gaillarde, géranium, gingko, hélénium, hellébore, houblon, inule, laitue, lichen, lierre, philodendron, peuplier, primevère, romarin, rudbeckia, tabac, sumac, tanaisie, tournesol. Le contact avec la sève de nombreux arbres doit être également évité.

Différentes toxicités

Toxicité cardiaque

Les troubles graves du rythme cardiaque, associés à des convulsions et une détresse respiratoire concernent l’aconit, la digitale, diverses solanacées (belladone, stramoine, jusquiame, tabac etc), la ciguë, le colchique, le laurier-rose, le muguet, l’hellébore, le vérâtre, l’if, le rhododendron…

Toxicité neurologique

Belladone, morelle, redoul, vérâtre peuvent être à l’origine de convulsions. La ciguë est responsable d’une paralysie musculaire et de violentes convulsions et les solanacées provoquent une dilatation des pupilles (mydriase), une confusion mentale, voire des hallucinations.

 

 

Toxicité rénale 

Les principales responsables sont les aristoloches, la mercuriale, la rhubarbe et l’oseille (plantes riches en cristaux d’oxalate de calcium). Avec le colchique, la toxicité  survient de façon retardée mais importante.

Toxicité hépatique

Survient avec le ricin et par l’usage prolongé de grande quantité de consoude.

Réactions allergiques

Fréquentes avec les pollens mais aussi avec la sève de nombreux arbres et les plantes telles que l’ambroisie, le primevère, la tulipe…

 

Belladone

Belladone

 Les plantes toxiques voire mortelles

Les plus tristement célèbres appartiennent à la famille des solanacées. Cette   famille, qui comprend également l’aubergine, la tomate, la pomme de terre…(dont les parties aériennes sont toxiques) regroupe de nombreuses plantes connues depuis des millénaires :

  • l’aconit : 3g de racine de l’aconit napel, la plus toxique de notre flore, tuent un homme)
  • La belladone (10 à 15 de leurs baies violacées tuent un adulte)
  • l’hellébore : (dont la noire, appelée rose de Noël) qui, ingérées, font vomir, protection qui n’a pas lieu lorsque le poison pénètre par une blessure
  • la ciguë : les espèces sont nombreuses et 6g de la partie aérienne tuent en moins de 6 heures. A ne pas confondre avec les plantes comestibles de la même famille : (persil, carotte ou angélique)
  • le datura(surtout dans le Sud), qui est aussi réputé pour rendre fou : l’une de ses substances, la scopolamine est le fameux  » sérum de vérité « 
  • la jusquiame
  • la mandragore 

Moins connues mais tout aussi dangereuses :

  • les arums (tous toxiques, la plante comme les fruits)
  • les anémones
  • la bryone
  • les chèvrefeuilles (surtout les fruits)
  • le colchique (0,1% du poids en feuilles, soit 20g pour un enfant de 20kg, tue)
  • la cytise 
  • la digitale
  • l’euphorbe (sur les yeux, son latex peut rendre aveugle)
  • le genouiller (ou grand muguet, fruits mortels pour l’enfant)
  • le gui (dangereux dès 10 fruits)
  • l’if (entièrement toxique, sauf la partie rouge de la baie)
  • le lierre (feuilles irritantes, 2 à 3 baies causent des troubles chez l’enfant, voire le coma, puis la mort),
  • les lauriers (sauf le laurier sauce, attention à ne pas les confondre ; les noyaux des baies sont le plus toxique, quant au laurier-rose, une seule feuille peut tuer un homme)
  • le muguet (juste en mâcher un brin peut provoquer des troubles cardiaques)
  • le pavot
  • le raisin d’Amérique
  • le ricin (3 à 5 graines/enfant, 20/adulte)
  • les rhododendrons et azalées (attention à leurs miels),
  • le tabac (50g de nicotine sont mortels, la dose d’un paquet de cigarettes)

  • Conseils

    . Limitez les risques : avant d’acheter une plante, renseignez-vous sur sa toxicité ou son innocuité. Installez les plantes vénéneuses à l’écart de la terrasse, des aires de jeux, des lieux de passage et hors de portée des enfants. Après avoir manipulé ces plantes pendant les travaux d’entretien, lavez-vous soigneusement les mains si vous n’avez pas mis de gants.

    . Ne plantez que des espèces connues et évitez les spécimens dangereux

    . Ne conservez pas les bulbes de jonquilles, narcisses, à côté de bulbes de plantes alimentaires

    . Portez des gants de jardin, en choisissez ceux qui montent sur les avant-bras

    . Ne vous essuyez pas le visage avec les mains ou vos gants de jardin !

    . Ne brûlez pas vos déchets végétaux de façon inconsidérée car les fumées dégagées sont également toxiques ou allergisantes.

    Que faire en cas d’intoxication ?

    • Chez un jeune enfant : retirez les restes de végétaux et ne les jetez pas. S’il vomit spontanément, conservez les vomissements pour identification par le corps médical, qui pourra alors soigner de façon adaptée.
    • Ne jamais faire vomir sans avis médical et ne jamais donner de LAIT.
    • En cas d’irritation cutanée, ne pas rester exposé au soleil. Rincer abondamment à l’eau courante pendant au moins dix minutes. Ne pas frotter la peau et ne appliquer de crème sans avis médical.
    • Contactez votre médecin ou le centre antipoison le plus proche;

 

 

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