Oréane - Paysagiste

Le Bois Raméal Fragmenté : un processus écologique d’aggradation du sol

 « La nature a horreur du vide » 

« Couvrir » nos sols est le moyen le plus naturel mis à notre disposition pour économiser du temps et …de l’énergie ! Plus besoin, dans ce cas, d’évacuer les déchets de tailles de nos arbustes.  Laissons faire Dame Nature, qui crée d’ailleurs elle-même l’Humus des forêts.

Le BRF (Bois Raméal Fragmenté) est issu de la coupe puis du broyage des branches. Il permet de cultiver toutes nos espèces végétales méditerranéennes sans labour ni engrais, avec un apport en eau très faible. En outre, Le BRF réduit les coûts de désherbage et augmente les défenses immunitaires des plantes aux parasites et maladies.

En résumé, le BRF ne présente que des avantages !

Bref historique…

Dans les années 1970, un français, Monsieur Jean Pain, eut l’idée de couvrir ses sols arides du piémont de Manosque (06) avec ses déchets de tailles. Simultanément, au Canada, où l’on s’inquiète de l’appauvrissement des sols surexploités, Gilles Lemieux (professeur au département des sciences du Bois) améliore l’idée en broyant les sommités des branches des arbres fraîchement élagués, inventant ainsi le concept du Bois Raméal Fragmenté.

C’est une méthode naturelle de régénération et de remise en état des sols par l’utilisation des rameaux verts d’essences de préférence feuillus, mais cela fonctionne aussi avec les résineux. Les avantages de cette technique d’aggradation des sols sont multiples :

a) Protège le sol contre le rayonnement solaire limitant ainsi la croissance des herbes indésirables par la libération de tanins, phénols et subérines contenus dans les écorces des branches broyées.

b) Développe et maintient d’une humidité relative provenant :

– de la condensation d’eau provenant de la différence de température entre le jour et la nuit

Photo Mon potager en carré

– de la dissolution des petits organismes genre vers de terre, cafard, insectes, etc….

– de la propension d’une couche de BRF à retenir l’eau (effet éponge) et à la distribuer lentement par capillarité.

c) Favorise de l’ameublissement du sol superficiel par l’élaboration de coloïdes humifères : habitat privilégié des vers de terre qui, par leurs mouvements aèrent le sol.

Selon Claude Bourguignon, le BRF stimule la faune épigée qui est celle qui broie la matière organique et aère la surface du sol par ses galeries et ses boulettes fécales. Mais aussi le BRF donne aux champignons basidiomycètes (humidificateurs créateurs de l’humus), et aux champignons actinomycètes (minéralisateurs de l’humus) de quoi nourrir les plantes.

« Les uns remplissent le frigidaire les autres font la cuisine » dit Claude Bourguignon (**)

d) Apporte à dose homéopathique les bienfaits de la lombriculture par le cycle digestion/déjection des vers de terre, mais aussi d’autres nutriments présents dans les parties hautes des arbres que sont les sucres, et les protéines.

e) Protège les sols des tassements éventuels dus aux piétinements.

f) Permet d’optimiser les pluies d’équinoxes méditerranéennes en limitant le lessivage des sols.

g) Stabilise la température du sol arable.

e) Permet selon l’essence étalée (résineux ou feuillus) la neutralisation du PH d’un sol.

Au final, le BRF permet de recréer naturellement des sols équilibrés et autonomes.

Mode d’emploi

Le diamètre des branches broyées doit être inférieur à 7 cm. Nous retiendrons 4 étapes à faire rapidement afin que le processus de décomposition du BRF se fasse sur le sol et sans échauffement du broyat, ce qui nous entraînera dans une logique de compostage.

1) coupe des branches

2) broyage

3) transport

4) étalement du produit sur une épaisseur d’au moins 5 cm.

Dès que les petites branches sont coupées et broyées, les bactéries dissolvent la lignine et la cellulose du bois, des mycéliums et des champignons s’activent symbiotiquement avec le sol. Avec nos expériences sur le terrain, je peux affirmer que même les sols les plus tassés peuvent se lier avec le BRF : dans tous les cas, les remontées de la faune macroscopique et de la flore symbiotique sont présentes quelques mois après le positionnement.

Le sol se nourrit du BRF, et l’opération d’épandage est à renouveler régulièrement avant 3 ans.

A SAVOIR : le BRF peut se faire toute l’année !

(*)(le contraire de dégradation)

(**) Comment respecter les lois du Sol dans son jardin, article de la revue n° 96 / La gazette des jardins/ mars 2011