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Xylella Fastidiosa, une bactérie dévastatrice 

Publié le 14/01/2016 dans Blog, Maladies des végétaux

Détectée en Corse en juillet dernier, Xylella Fastidiosa décime les oliviers du sud de l’italie depuis 2013. Récemment, elle a été  identifiée dans un espace végétal de Nice. Que savons-nous de cette bactérie ?

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Arbuste de l’espèce Polygala myrtifolia symptomatique contaminé par Xylella fastidiosa multiplexe. © Anses

 

Identification

En 1880, Xylella Fastidiosa a été identifiée comme la bactérie responsable de la maladie de Pierce, qui a causé de lourds dégâts sur le vignoble Californien. Il s’agit d’une espèce bactérienne, au sein de laquelle ont été identifiées de nombreuses souches (ou isolats). Chacune d’elle est spécifique à certaines espèces végétales et zones géographiques. Ces souches se caractérisent par des impacts pathogènes variables selon la plante hôte.

Comment se transmet-elle ?

La bactérie est transmise par des insectes piqueurs  tels que cicadèles, cercopes et cigales dans une moindre mesure. Ces derniers, qui se nourrissent de sève brute, sont vecteurs à certains stades de leur vie.

Effet pathogène

Il est lié au développement d’un réseau de filaments par la bactérie (souvent associé à un champignon). Ces agrégats obstruent les vaisseaux et bloquent la circulation de la sève, entraînant un dessèchement des rameaux contaminés, voire de la plante entière dans les cas les plus graves. Les symptômes ressemblent à ceux qui surviennent lorsque la plante manque d’eau. Et pour cause, puisque la sève brute est celle qui distribue l’eau à l’intérieur de la plante. Toutefois, cette bactérie est loin d’être mortelle pour toutes les espèces végétales qu’elle peut infecter – plus de 300 espèces végétales appartenant à plus de 60 familles botaniques différentes. Pour certaines de ces plantes, les caféiers par exemple, les plants contaminés ne présentent que très peu de symptômes et la plante peut très bien vivre avec la bactérie. Dans d’autres cas, comme sur les oliviers des Pouilles, la bactérie entraîne un dessèchement généralisé et la mort des arbres en quelques années. 

 Biotope
 La bactérie, quasi absente des zones où les températures descendent sous 4,5°C, ne survit pas au gel.

 

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  A savoir

  •   Certaines plantes hôtes sont tolérantes (porteur sain). Des cas de résistance ont été observés. 
  •   La liste officielle des végétaux spécifiés compte 200 espèces, issues de 50 familles végétales.
  •   Il est interdit de planter  un végétal hôte en zone infectée sauf sur site protégé des insectes vecteurs (ex: serre insect  proof)

 

 

Où sévit-elle ?

En Europe

En 2013, les oliveraies de la région des Pouilles (Italie) ont subi de graves dégâts causé par Xylella Fastidiosa. Depuis, et sous la pression de la France, la bactérie a été classée « risque sanitaire de premier niveau ». Cette classification impose aux pays membres des mesures strictes d’éradication et de prévention.

En Corse

Idem ! En juillet 2105, la Corse subit les assauts du ravageur. Les plantes « hôtes » identifiées sont principalement les polygales à feuilles de myrte (dans une moindre mesure les genêts d’Espagne et pélargonium) mais ne touche pas les oliviers. Cette souche Multiplex a été détectée sur des plantations de plus de 5 ans, et on observe une faible transmission des plants infectés vers les plants voisins.

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Polygale à feuille de myrte, une espèce touchée en Corse.

 

En Région PACA

C’est également la souche Xylella Fastidiosa sp. Multiplex qui a été identifiée en région PACA depuis fin octobre 2015 dans les Alpes Maritimes et le Var.

Interdiction de certains végétaux prise par les autorités françaises

Début avril 2015, l’Etat a en partie accédé à la demande des agriculteurs, en appliquant un arrêté interdisant l’entrée sur tout le territoire français de certains végétaux sensibles à la bactérie et en provenance « des zones délimitées au sein de l’Union européenne où Xylella fastidiosa est présent ». Mesure qui vise directement le foyer épidémique des Pouilles.

Des contrôles ont été mis en place. Selon le ministère de l’Agriculture, « plus de 200 agents sont mobilisés, des contrôles et prélèvements sont effectués dans les pépinières et exploitations agricoles et des inspecteurs sont en alerte aux 32 points d’entrée des végétaux dans les ports et aéroports du pays ».

La France est le premier Etat européen à avoir pris des mesures unilatérales de protection, dans l’attente d’un accord européen. 

Au niveau européen

L’accord ne s’est pas fait attendre. Fin avril, Bruxelles a emboîté le pas à la France en proposant un plan pour renforcer les mesures de prévention et d’éradication de la bactérie. Mesures qui se substitueront au dispositif français dès leur entrée en vigueur. 

Les experts des vingt-huit pays de l’Union européenne réunis au sein du Comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux (PAFF) ont approuvé l’interdiction totale d’importation pour les caféiers en provenance du Honduras et du Costa Rica.  Ils n’ont cependant pas accédé à la demande française et espagnole d’interdire les 200 espèces de plantes susceptibles d’être contaminées en provenance de tous les pays tiers où se trouve la bactérie. 

Pour éradiquer la bactérie dans les zones infectées, les experts confirment la nécessité de détruire les plantes sensibles dans un rayon de 100 mètres autour de l’arbre malade. Selon Le Monde, l’Italie est le seul pays à s’y être opposé. 

Eradication

Les mesures d’éradications suivantes sont réalisées en zone infectée sous la supervision de la DRAAF (Direction Régionale Agriculture Alimentation Forêt):
– Traitement insecticide des végétaux de la zone infectée

– Prélèvements pour analyse

– Arrachage des végétaux infectés, des végétaux hôtes et de tout végétal symptomatique (aux frais du détenteur)

– Incinération immédiate des végétaux arrachés sur place ou après transports sous bâche

– Restrictions de circulation entre la zone infectée et tampon pendant l’éradication

 

Sources : Etude UNEP et Francetvinfos.fr

 

 

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